mercredi 18 octobre 2017

Balayons dans les cours et dans les jardins

Il faut que les actrices acceptent enfin de se libérer du poids immense du harcèlement à l'occasion de l'affaire Weinstein pour que cette honte millénaire face surface d'une manière inattendue. On aurait pu bien disserter longuement sur la féminisation de substantifs conçus pour les hommes ou sur l'écriture inclusive, au lieu de regarder la réalité de nos cours et de nos jardins intimes.

samedi 14 octobre 2017

Ce mec qui baisait mes copines

Depardieu se répand partout à l'occasion de la sortie des bandes oubliées de Lily passion. J'ai lu des bribes. Évidemment, l'Obs publie une interview. L'Obs aime autant Depardieu que Deneuve.
Je n'aime pas Depardieu. Longtemps, je n'ai pas été sûr de la cause. Je le trouvais trop théâtral. J'ai commencé à la penser avec le dernier métro.  Auparavant, je l'avais vu dans Barocco, de Téchiné, avec Adjani, dont je ne me souviens de rien, si ce n'est de sa lenteur, même après avoir relu le synopsis, et bien sûr, mais plus tard, dans les valseuses, où Patrick Dewaere m'avait particulièrement touché. Mon meilleur souvenir de Depardieu reste 7 morts sur ordonnance. Le pire, le choix des armes, d'Alain Corneau, que je n'ai pas vraiment vu même si j'étais dans la salle. L'affiche titrait Yves Montant Gérard Depardieu Catherine Deneuve. Les copains s'amusait à réordonner le casting en Depardieu Montant Deneuve. L'idée m'en était insupportable...

dimanche 8 octobre 2017

Glanes #27 humeur grenouil.le

Le nombre de gars croisé cette fin d'après-midi qui rentraient chez eux avec une baguette. Il ou elle lui avait-il dit "chéri tu prendras le pain ?" ou bien c'était lui "chéri.e je prendrai le pain !" (note mon écriture inclusive, il faudra t'y faire mon Académie chérie) ou encore il était tout seul et il partagerait sa soirée avec sa baguette éventuellement tartinée d'un joli amant (la soirée).

samedi 7 octobre 2017

J'ai coché Milan

Milan, j'en parle depuis plus de trois ans, c'était devenu une quête réciproque quasiment épique tant les embûches s’étaient mises en travers de nos agendas. Une fenêtre s'était ouverte à la fin de l'hiver. Nous en profitâmes.

mardi 3 octobre 2017

10 petites choses qu'il te faudrait savoir si tu devais vivre avec moi (1)

La vie à deux ou plus peut être merveilleuse. Il faut savoir ne pas la gâcher par des petites choses désagréables du quotidien. Nous avons tous des attachements particuliers à des savoir-faire  qui obéissent à un pragmatisme essentiel ou des procédures qui ne doivent qu'à l'évidence de la logique. Or il semblent que ces formules de vie relèvent d'une arithmétique très personnelle alors qu'on croit souvent qu'elles découlent naturellement du premier, quand ce n'est pas du second, principe de la thermodynamique.

dimanche 1 octobre 2017

Viu Catalunya ! L'agonie des états-nations

Photo Pau Barrena. AFP
Je n'ai pas grand chose à ajouter au billet de Celeos sur son soutien à la Catalogne. J'ai lu aussi avec intérêt l'article de François Reynaert dans l'Obs - d'où vient le nationalisme catalan ? - sur ce qui fonde et soutien historiquement la revendication catalane. On y trouve des faits historiques objectifs mais aussi une geste reconstruite à différents temps de cette histoire que d'aucuns pourraient trouver subjectifs car relevant de perceptions et de représentations sur le pouvoir madrilène. Le droit des Catalans à disposer d'eux-mêmes est donc discuté au motif du droit d'une Espagne globale plus légitime. Mais d'une part il est un fait avéré - même si l'on peine à le reconnaitre - que les pouvoirs centralisateurs sont la source même de ce qu'il est habituellement considéré des régionalismes excessifs, et d'autre part quelle est donc cette idée qui fait qu'on devrait se résoudre nécessairement à être français ou espagnol parce qu'un territoire a été annexé en telle année, parce qu'il n'a jamais été considéré comme indépendant à l'époque d'un empereur à la barbe fleurie ou encore parce que tel traité entre rois et reines en a décidé ainsi.

samedi 16 septembre 2017

Je venais d'avoir vingt ans

Je venais d'avoir vingt ans. Cerise allait mourir. Il n'y avait plus d'espoir. La clinique l'avait faite ramener à la maison pour qu'elle puisse partir entre les siens, son mari, les enfants et la veuve noire. Je l'ai su le matin même et j'ai pris la route toute de suite malgré les forces obscures de la rancune tenace qui voulaient m'empêcher de partir. J'avais tenu bon et menacé de prendre le train. Finalement, les forces déposèrent pour une fois les armes et mon père se décida à venir. Ma mère trouva cependant un prétexte fallacieux pour rester à la maison. Je constatais encore une fois que son cœur de pierre était de granit.

jeudi 14 septembre 2017

Glanes #26 durable ?

Il a 31 ans et il a écrit sur son profil "je suis un jeune mec très calme et je suis a la recherche d'une relation sérieuse et durable pour une vie de couple" complété par la mention "Gay, recherche Relation (22 - 99 ans)". Il  a coché aussi "SSR à discuter". Je le comprends, une relation durable avec un gus de 99 ans, ce n'est pas sans risque.

dimanche 10 septembre 2017

Si tu devais changer quelque chose à ton corps, ce serait quoi ?

Je regardais ce nouveau corps. Il me plaisait bien mais je n'arrivais pas à voir si mon visage avait changé. Le torse était comme je l'avais toujours rêvé, comme celui d’Émile,  assez large en V avec des pectoraux dessinés mais peu proéminents. J'en étais tout à cette contemplation de ce torse plaisant quand soudain je soupesais mes bourses. J'en restais interdit...

jeudi 7 septembre 2017

Ecailles

Les montures en simili-écailles sur un visage de jeune homme, je trouve ça d'un chic absolu alors que sur un visage plus âgé c'est d'un démodé !

mercredi 6 septembre 2017

Charge mentale (variations pour Arthur)

Alphonse Allais : Ne remets pas à demain… ce que tu peux faire après-demain.
Maurice Roche : À quoi bon remettre à deux mains ce qu'on peut faire avec ses pieds.
Gustave Parking : Ne remets pas à demain ce que tu peux faire d'humain.

lundi 4 septembre 2017

Etait-ce mieux avant ?

Le recette de ma grand-mère s'est perdue. En même temps, ce n'est pas très compliqué de faire de la pâte de coing. Le plus pénible réside en deux étapes : le nettoyage des fruits et la cuisson.

dimanche 3 septembre 2017

Mentale (charge)

Pour une fille, l'art de remettre au jour même ce qu'elle aura largement le temps de faire les jours suivants.

samedi 2 septembre 2017

Ben à l'horizon

J'ai revu Ben début juillet. Notre première rencontre commence à dater. On s'était promis de se revoir mais entre ses disponibilité et les miennes, il y a un grand écart. Il avait pourtant laissé la porte ouverte une nuit...

lundi 28 août 2017

Mon carnet des petits bonheurs

Mon carnet des petits bonheurs, je le feuillette de temps à autres. L'idée m'est venue un jour en écoutant les petits bateaux. Noëlle Bréham est une de ces voix d'Inter que j'affectionne. Je me demande comment j'ai pu l'écouter si souvent à l'époque où elle faisait parler Jean-Marie Pelt, à une heure improbable pour mes horaires de travail, alors que n'existaient pas encore les sites Internet et encore moins le podcastage.

dimanche 27 août 2017

jeudi 24 août 2017

S'y remettre

Je n'ai pas eu le choix de procrastiner. D'habitude, les retours estivaux sont ainsi. Je reprends à la petite semaine, au sens propre. Deux trois jours. Je commence par une demi-journée. Cette fois-ci, ça m'est tombé dessus en poussant la porte du bureau, un peu comment le seau de sang de porc dans Carrie. Non, l'image n'est pas bonne en fait. Mais je n'ai pas trouvé mieux, tu vois peut-être ce que je veux dire.

samedi 19 août 2017

Le glas pour Barcelone


Cette chanson écrite en mémoire des victimes d'une brutale répression policière en 1976 à Vitoria au Pays basque espagnol évoque pour moi toutes les frappes aveugles et stupides. N'oublions jamais que nous sommes libres.

mardi 15 août 2017

J'étais parti sans crier gare, je reviens à reculons

Le temps des vacances d'été revenait, je ne savais plus où donner de la tête, cocher le plus de cases possible, laisser le moins de choses en plan, grimper sur le toit du monde pour terminer un cycle. Je suis parti le sommeil altéré, le ventre noué, l'esprit nauséeux.

mardi 25 juillet 2017

A la tombée du jour

Il avait encore plu toute la journée. Les températures étaient restées très basses pour le mois de juillet. Quand j'ai pu m'échapper du bureau, le ciel était bas. Je me suis demandé si je n'allais pas annuler. Il me restait moins d'une heure pour décider, ensuite il prendrait la route pour me rejoindre dans ce coin de verdure qui allait être très humide et froid. En roulant vers la plaine j'ai vu les nuages se dissiper légèrement et laisser apparaitre des parçans de ciel bleu.

lundi 24 juillet 2017

Interférences

J'étais pressé. Je venais  de publier un billet, contre toute attente, j'ai si peu de temps en ce moment. Je descendais l'escalier du bureau. Sur la grande table, j'ai vu les clés de la maison. J'ai aperçu aussi la gomme que j'avais emprunté quelques jours auparavant et que je devais remettre à sa place.

mercredi 19 juillet 2017

Dis-moi que ce n'est pas vrai !

C'est l'histoire d'une vielle chanson incomprise. Tu la connais parce que tu l'as adoré quand tu étais plus jeune, tu as emballé sur sa mélodie en la prenant pour une chanson d'amour, tu la connais parce que tes parents la fredonnent encore et que tu es né de la rencontre qu'elle a concrétisé.
Je me souviens de Lili qui avait la pochette en évidence dans sa chambre. C'est là que je l'ai entendu la première fois. Elle avait posé le disque sur la platine et nous nous sommes embrassé sur ce morceau exceptionnel.

lundi 10 juillet 2017

Je ne l'oublierai pas

Je me sens le cœur serré
Bang bang, je me souviens
Bang bang, tout me revient
Bang bang, et ce bruit-là
Bang bang, je ne l'oublierai pas

Combien de prénommés Ludovic savent ce qu'ils doivent à cette folle histoire d'amour médiatique dont est issu cet enfant perdu, arrivé malgré tout à la quarantaine, avec quelles souffrances, auquel Celeos rend hommage aujourd'hui ?

dimanche 9 juillet 2017

Retour sur mon grimpeur

Et cette histoire de premier rendez-vous. Tu te demandes, peut-être, sans doute, comment ça s'est passé. Qui le premier est parti à l'assaut du pic d’Éros ? Avons-nous grimpé au septième ciel ?

lundi 26 juin 2017

Comme au premier rendez-vous

Pourtant on n'a guère parlé. J'avais déjà vu son profil à plusieurs reprises. Pas très grand, la quarantaine, un beau sourire, sec, grimpeur.
Je suis clairement fasciné par les corps de grimpeurs. Je m'étais ainsi envolé avec Steve.
Il m’arrive régulièrement d'en croiser. Ah, le moment où ils enlèvent leur maillot pour s'élancer sur la paroi...

samedi 24 juin 2017

LaurA apprend à lire

Tu as dû t'en rendre compte déjà, je me déplace beaucoup. Voiture, avion et train sont mes modes de transport habituels par ordre du nombre de voyages annuels. Je covoiture souvent par blablacar mais certaines destinations ou horaires m'obligent à prendre le volant et à voyager seul. J'écoute alors la radio quand je ne téléphone pas. J'aime en profiter pour suivre la matinale d'Inter et la plupart du temps je peux aller jusqu'à l'émission d'Augustin Trapenard, ce bel homme qui aime les gens et dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises. Avec lui on assiste à un vrai direct. J'imagine qu'il prépare ses entretiens en lisant, écoutant ou regardant tout ce qu'il peut sur l'invité.

mercredi 21 juin 2017

Léa va chez le bouchair

Alors que le monde va si mal, je me permets de rester sur des choses légères, mais pour autant ce matin je ne te parlerai pas de la bite et du cul des garçons. Ce billet ne sera donc pratiquement pas lu car j'ai bien compris que ce n'était pas ici que tu venais chercher des états d'âmes sur les réfugiés, clin d’œil à mon ami Celeos, ou le sort des homosexuels en Tchétchénie, ni même sur la nouvelle du reine du paf, j'ai nommé Léa Salamé.

lundi 19 juin 2017

Des équilibres

Il s'est levé très tôt, naturellement. Il avait sans doute assez dormi ou c'est cette piqure de moustique sur la paupière qui l'a réveillé. Il avait le visage déformé mais ce n'était pas très grave. Il avait l'habitude et ça allait dégonfler assez vite.
Il est sorti dans la fraicheur matinale. Il avait une idée en tête, un petit bricolage qui attendait depuis des mois mais que l'utilité par ces chaleurs rendait indispensable.
Il l'a fait. il était content de lui.

dimanche 18 juin 2017

Plan plan direct

C'est l'un des gars les plus directs que je n'ai jamais rencontré. Il m'avait salué la veille. Je n'étais pas disponible. Je lui propose le lendemain. Réponse négative, il recherchait pour tout de suite. Je lui dis alors que je ressaierai demain. Il opine sans que je sois vraiment sûr qu'il s'agisse d'une approbation. Le lendemain, donc, je le contacte. Il m'attendait.
J'allais arriver tard sur mon lieu de villégiature, ça compliquait sa soirée de boulot en télétravail, il a conclu que je viendrai chez lui. 20 minutes depuis l'hôtel, ça pouvait le faire.

samedi 17 juin 2017

Renaissance

Luca Signorelli (1450-1523), la résurrection de la chair, Orvieto, Duomo, Cappella di San Brizio
J'avais été puissamment contrarié par un épisode de vie quotidienne. Je ne comprenais pas cette incompréhension avec ma tête brune, l'incapacité que nous avions parfois à communiquer simplement alors que nous étions fait du même bois. Je ne supportais pas non plus la façon dont la femme de ma vie me paraissait abuser de la situation, sans doute inconsciemment, pour me renvoyer des ondes dont je ne recevais que l'influx négatif. Ma parole s'est soudain envolée, je conduisais mécaniquement, le regard fixe et dur. Je n'avais plus qu'un envie, rentrer chez moi et disparaitre. Mais il allait me falloir passer la soirée avec une amie, affronter une foule et entrer dans un spectacle qui désormais n'avait plus aucun intérêt. J'étais pris par un sentiment de vie brisée qui me renvoyait à l'inutilité totale.

samedi 10 juin 2017

La loi normale de Sanofi

J'ai écouté atterré sur France Info les propos du DRH de Sanofi, entreprise soupçonnée de sous-notation de ses salariés afin de faciliter des licenciements. Il disait très précisément ceci : "Dans une distribution normale, on va retrouver environ 20% des salariés qui sont au-delà des attentes, 70% des cadres qui remplissent les objectifs et entre 6 à 8% qui sont en dessous des attentes. Si un manager n'a personne en dessous des attentes, c'est qu'il y a probablement un petit problème dans l'évaluation de la performance".
Mais qu'est-ce qu'une distribution normale ?

dimanche 4 juin 2017

Mélancolique (2)

Je t'ai fait part de ma mélancolie il y a quelques jours au souvenir des dernières heures avec Maurice. Je me suis décidé à lui envoyer un mèl. Tous les précédents étaient restés sans réponse. Quelques heures plus tard je recevais cette réponse...

mercredi 31 mai 2017

Mélancolique

Après l'avoir simplement évoqué, je rejoignais mon lieu de réunion matinal. Le plafond était bas et gris sur la campagne exubérante de vert tendre. Dans la descente qui me plongeait dans cet enfer vert, je revis la même ambiance qui nous avait accompagnée pour cette dernière rencontre. Six années s'étaient écoulées à la date de demain, aujourd'hui donc.

mardi 30 mai 2017

Je n'ai rien publié le 17 mai

J'étais trop occupé ces temps-ci. Et le 17 mai, c'est pour moi la journée internationale du souvenir de Maurice. Chaque année depuis la fin de notre histoire, je lui envoie un texto à cette date. Il ne répond pas. Il a peut-être bloqué mon numéro. Je sais que le sien n'a pas changé. J'ai le moyen de savoir. Son souvenir s'est un peu dissipé : depuis quelques mois je ne pense plus à lui tous les jours.
Je ne sais pas ce que j'aurais publié le 17 mai si je l'avais fait, je n'avais pensé à rien de particulier, raconter une histoire en phase avec le sujet, rappeler ou soutenir une cause dramatique en la matière... Me revenaient quelques scènes où j'ai été confronté moi-même au sujet.

samedi 27 mai 2017

Date with Jim

Je revenais deux jours à Paris et je me faisais un plaisir de revoir Jim. Je me suis installé dans l'appartement en milieu de matinée. Il devait passer vers 13 h mais comme il avait le temps nous sommes allés mangés ensemble dans un restaurant du quartier. Le repas fut convivial, en terrasse, à échanger sur les épisodes notables de nos vies depuis trois mois qu'on ne s'était vus. Puis chacun est reparti retravailler. Je m'installais en mode télétravail dans la chambre, à moitié nu dans le lit tant il faisait chaud. A l'heure où il est rentré, je m'étais assoupi, je l'ai entendu vaquer à l'étage inférieur. J’espérais qu'il monte, soulève la couette et se glisse contre moi. J'entendais des voix maintenant, il devait être au téléphone. J'ai envoyé les quelques messages resté en suspens à mon engourdissement, puis je me suis libéré de deux ou trois appels téléphoniques avant de descendre le rejoindre.

vendredi 26 mai 2017

J'ai cru que j'allais repartir

L'une des fois où j'ai passé la soirée à l'entre-deux-eaux avec le coatch, il m'avait suggéré d'essayer l'impact. Il trouvait que j'avais le profil et que j'allais plaire. Je n'ai pas pu le rendre plus explicite. Ma curiosité était en marche.
L'impact est un autre bar naturiste parisien. La première différence est qu'on se déshabille à l'entrée de la salle de bar devant tout le monde. Ensuite on porte son sac poubelle au barman. On veille à garder ses chaussures et tout peut alors commencer sachant que l'action se passe en principe dans la cave au sous-sol.

lundi 22 mai 2017

Aux innocents

Cela faisait une semaine que la sangle traînait sur une table. Le gros dossier qu'elle serrait avait été rangé sans elle. Une sangle assez grosse qui avait pu être une ceinture en son temps. Un vieux cuir châtain-roux. J'ai essayé d'effacer l'image mais elle est revenue à chaque fois que je venais dans la salle. Alors j'ai laissé filer, revenir les scènes que je n'avais pas envie de revivre. Accepter pour trouver l'apaisement.

samedi 13 mai 2017

Hors du temps

J'étais donc revenu chez Jim. Le contact de réservation s'était un peu bizarrement passé. Il devait y avoir des travaux chez lui, il m'avait prévenu au dernier moment. Il a trouvé que je manquais un peu de spontanéité dans ma réaction. En même temps, il me demandait mon avis sur l'intérêt de cet aménagement, comme je n'en voyais aucun, car je trouvais son appartement vraiment très agréable tel qu'il était, que je sentais qu'il était assez attaché à l'idée que ce serait mieux pour ses hôtes, j'ai eu une réticence à lui livrer mon sentiment. Cela s'est senti. Et en même temps (il va falloir s'y habituer pendant 5 ans), j'avais aussi peur que ces travaux perturbent l'idée que je me faisais de ce petit séjour. On a maintenu mon hébergement malgré tout.

vendredi 12 mai 2017

Ce n'est pas le jour

Je ne suis pas toujours très rapide pour coucher quatre idées ou raconter une histoire. La pensée est chez moi un fluide bizarre et écrire c'est parfois comme remplir un réservoir d’essence avec un entonnoir et un jerricane sans embout. Ceux qui sont familiers des moteurs deux-temps me comprendront plus facilement que les autres.

vendredi 5 mai 2017

Pères et reine

Il m'a manqué, ce dernier soir d'élection, de l'appeler. C'était devenu un rituel depuis bien longtemps. depuis peut-être que j'avais quitté la maison et que je ne votais plus dans le même bureau, cette salle de classe où j'avais vécu le cours moyen. On faisait le point sur les résultats. Pour les élections locales, je voulais savoir qui était passé, pour les nationales qui était arrivé en tête.

mardi 25 avril 2017

Jim rentrerait un peu plus tard

En attendant Jim, je suis allé à la rencontre d'une espèce d'homme assez particulière que j'avais déjà failli croiser antérieurement : l'hétéro qui s'inscrit sur un site de rencontre gay uniquement pour trouver un homo pour le masser car sa copine n'aime pas faire ça. Furieusement intéressant pour compléter ma palette de garçons sensibles.

lundi 24 avril 2017

Un président de pérorette ?


C'est joué donc.
Je ne peux pas dire que j'ai été convaincu par le long, creux et assommant discours de notre futur président de la République, hier soir.

mercredi 19 avril 2017

Glanes #25 qui va se faire tailler un costard ?

Désolé, je procrastine un peu, pour ceux qui attendent la suite de mon avant-dernier billet. Je sais que ça ne se fait pas et que je vais agacer au moins une personne mais c'est ainsi. Je voulais aussi finir ce petit texte en attente.
J'ai fait le test en ligne pour savoir de quel candidat je suis le plus proche, au cas où je ne saurais pas bien lire les programmes. Et le résultat est... Méluche ! Il dépasse de 10 points celui pour lequel je vais voter. Je n'y crois pas.

samedi 15 avril 2017

Sûr, j'allais revenir

La première fois que j'ai dormi chez Jim, l'appartement était surbooké. Un bnb s'était trompé de jour. J'avais eu la chambre prévue, l'autre bnb celle d'appoint et Jim avait dormi sur le canapé.
Jim est un petit bonhomme fin, très brun selon ses origines méditerranéennes, avec des cheveux noirs courts et épais qui doivent boucler quand il les laisse pousser. Avec une barbe de trois jours comme je les aime.

vendredi 7 avril 2017

Et si je l'avais fait ?

La fin de nos études communes approchait. Tout avait commencé trois années auparavant dans cette ville de l'est de la France, très dépaysante après mes horizons montagneux. Hugo m'avait sympathisé très vite. Je le dis ainsi car il était particulièrement déroutant par son allant, son franc-parler et certaines attitudes qui pouvaient passer pour un manque d'éducation. Culturellement nous étions en apparence à mille lieux l'un de l'autre, nous en étions parfaitement conscient et notre amitié en a étonné plus d'un. Évidemment on pensera à l'adage populaire. Le temps qui passe continue de nous montrer comment nous pouvons être si proche malgré cette distance qui nous sépare et que nous avons cœur à éliminer au moins une fois par an.

samedi 1 avril 2017

Le plus gros poisson qu'on ne m'ait jamais collé

Philippe m'envoie un petit message. Tu connais Hugo Stan ? Si je le connais ? C'est l'un de mes deux meilleurs amis de ma vie au grand jour. Je réponds. Pourquoi ? Je suis déjà légèrement fébrile. Comment peut-il avoir entendu parler d'Hugo ? C'est mon amant... Je crois rêver.

samedi 25 mars 2017

Le décroissant one-shot

Il m'a capté un soir avant de m'endormir. Au réveil, il était encore là, très chaud. Sur la route, j'ai continué inconsciemment à répondre à ses textos avec la reconnaissance vocale, jusqu'à lui transmettre une interception d'Inter que j'écoutais en même temps. Je lui ai dit que ce serait plus prudent qu'on s'appelle, ce qu'il a fait.

mardi 14 mars 2017

Ne jamais se prendre la tête

Je me douche. Un jeune homme baraqué et très brun fait de même. Il me regarde. Il a l'air jovial, effronté même. Il s'approche de moi et me touche les fesses. Ce cul que tu as ! s'exclame-t-il. Je suis légèrement surpris, par sa manière de m'aborder, sans froid au yeux, pas tellement par l'absence de préliminaire, sans s'être longuement fixés, suivis ou croisés dans le dédale, mais par le lieu, ce n'est pas si courant dans les douches. Et puis, on ne m'a jamais dit une chose pareille.

lundi 13 mars 2017

Bimbo passée

Je prends le café en terrasse, au soleil. A la méridionale. Je suis seul mais si on était plusieurs on serait aligné, dos à la vitre, le regard vers le trottoir et la route. La poste est juste à côté. Une grosse voiture s'arrête en double file, sur l'autre rive. Une BM. On voit à peine le chauffeur mais il a l'air massif, grisonnant, dégarni. Elle sort de la place du mort. Elle attire forcement l’œil.

vendredi 10 mars 2017

Chabadabada

La montagne s'engrisaille sous la lumière  d'un jour ensoleillé où il fait bon s'installer à la terrasse d'un café. Ils viennent de se quitter.

jeudi 9 mars 2017

De la journée de la femme

C'était hier. La journée de la femme n'est pas une fête. Si tu as ramené un bouquet, fait inhabituellement la vaisselle, proposé de faire cric-crac ou je ne sais quoi encore, c'est que tu t'es trompé de jour même pire que ça.

mercredi 8 mars 2017

Qui suis-je ?

J'ai toujours été curieux des tests psychologiques. La première fois que j'ai bricolé sur un ordinateur au club informatique du lycée, le programme consistait justement à faire tourner un test récupéré sur le quotidien qu'on lisait à la maison. Je me souviens encore du titre, "êtes-vous prisonnier de conventions courantes ?", et aussi du rouleau de sauvegarde que je dois encore avoir dans une boite par là. Le test était basique, mais ce qui m'avait amusé c'est que je ne l'étais pas. Là ce coup-ci j'ai fait le test de l'Hexaco, après avoir lu les résultats de Tto puis de Tambour-Major.

samedi 4 mars 2017

De choses en apparence anodines qui changent le regard

"Parce que... je suis une femme et que donc, vous concernant, vous ne pouvez pas être bien à moi (...) Je vous souhaite du bien à vous et non pas par un mot-à-mot qui signifie ce que ça signifie (Votre dévoué, par exemple)."
C'est que m'écrit cette lectrice après avoir lu mon précédent billet. Je souris de ma naïveté qui a jusqu'alors masqué le double sens possible de l'expression comme il a fallu qu'on m'explique un jour cette contrepèterie que j'entendais pourtant depuis des mois et avec laquelle Augustin Trapenard interpelle Patrick Cohen tous les matins que France Inter nous donne. Salut Patrick ! pour ceux qui sont rivés sur une radio sans ingénieur du son.